Pose en tunnel, en applique ou en feuillure : choisir le mode de pose d'une fenêtre
La place de la fenêtre dans l'épaisseur du mur se vit chaque jour : profondeur de l'embrasure, lumière qui entre, tablette intérieure où poser un objet. Elle décide aussi de ce qui se voit moins, la continuité de l'isolation et la tenue à l'eau du raccord avec la maçonnerie.
Le NF DTU 36.5 et le guide pratique du CSTB qui le commente décrivent plusieurs modes de pose. Voici comment les distinguer, ce que chacun implique pour le calfeutrement et les fixations, et comment choisir selon l'isolation du bâtiment.
L'essentiel
- Trois modes principaux : en applique intérieure, en tableau (ou en tunnel) et en applique extérieure ; la pose en feuillure maçonnée complète la liste.
- Le vocabulaire du DTU croise trois repères : la position de la fenêtre dans le mur, celle du calfeutrement et celle des fixations.
- Le mode de pose suit l'isolation : applique intérieure avec une isolation par l'intérieur, applique ou tunnel côté extérieur avec une isolation par l'extérieur.
- Chaque mode a ses règles de calfeutrement et de fixation, à arrêter dès la conception.
Applique, tunnel, feuillure : de quoi parle-t-on ?
Le DTU décrit une pose à l'aide de trois repères :
- la situation de la fenêtre par rapport au mur : côté intérieur, dans le tableau (l'embrasure) ou côté extérieur ;
- la position du calfeutrement : en applique intérieure, en tunnel ou en applique extérieure ;
- la position des fixations : en applique intérieure, en tableau ou en applique extérieure.
« En applique » signifie que le dormant se plaque contre une face du mur et recouvre le pourtour de la baie. « En tunnel » signifie que le dormant se loge entre les tableaux, le joint se faisant entre son dos et la maçonnerie. Une même fenêtre peut ainsi être calfeutrée en tunnel et fixée en tableau, ou calfeutrée en applique et fixée en tableau.
La pose en applique intérieure
C'est le mode type des bâtiments isolés par l'intérieur. Le dormant se plaque contre le nu intérieur du mur, à la jonction du doublage isolant. L'appui, aligné, déporté ou reconstitué, est réalisé avant la pose de la fenêtre.
- Dimensions : pour garder une assise suffisante tout autour, le dormant dépasse la baie d'environ 2,5 cm en hauteur et 5 cm en largeur.
- Calfeutrement : sur la face intérieure de la maçonnerie, au mastic sur fond de joint ou à la bande de mousse imprégnée, continu sur tout le périmètre.
- Fixations : par pattes liées au dormant ; en partie basse, des pattes à gousset reportent le poids sur le gros œuvre et la traverse basse reste intacte, sans vis traversante.
La traverse basse demande le plus de soin : elle porte le poids de la fenêtre et reçoit le plus d'eau. Sa liaison avec le rejingot est détaillée dans notre article sur l'appui et la bavette.
La pose en tableau, ou en tunnel
La fenêtre se loge dans l'épaisseur du mur, entre les tableaux. Côté intérieur, elle s'accompagne en général d'un appui aligné, avec un calfeutrement en tunnel sur les montants et la traverse haute. Elle se pratique aussi à mi-mur, ou côté extérieur, de plus en plus souvent avec une isolation par l'extérieur.
- Calfeutrement en tunnel : entre le dos du dormant et le tableau. Le dos du dormant offre alors une zone plane d'au moins 8 mm pour asseoir le joint.
- Calfeutrement en applique : possible lui aussi, contre un élément rapporté en tableau et calfeutré au gros œuvre, qui reconstitue une feuillure.
- Fixations : vissage traversant dans le tableau, ou pattes fixées dans le tableau.
La pose en tunnel demande des tableaux d'aplomb et plans : le joint épouse directement la maçonnerie et sa largeur doit rester dans les limites admises par le produit de calfeutrement. La réception du support prend ici tout son sens.
La pose en applique extérieure
C'est la réponse habituelle à une isolation thermique par l'extérieur : la fenêtre rejoint le plan de l'isolant, ce qui limite le pont thermique autour de la baie.
- Fixations : exclusivement en applique, par pattes, par un précadre métallique ou par vissage dans une aile du dormant prévue à cet effet.
- Calfeutrement : en applique directe sur le gros œuvre, ou sur un précadre étanche dans les angles. Placé côté intérieur, il neutralise les passages d'air au droit des trous de fixation.
- Partie haute : une bavette ou une membrane, fixée et étanchée au gros œuvre, recouvre le dormant et déborde ou retombe d'au moins 100 mm de chaque côté.
Ce mode suppose une coordination étroite avec le lot isolation : retours d'isolant, tapées, appui et habillages. Nous le détaillons dans fenêtre et isolation par l'extérieur.
La pose en feuillure maçonnée
La maçonnerie présente une feuillure, un épaulement contre lequel le dormant vient s'appuyer. On la rencontre avec les murs à isolation répartie, comme la brique monomur en terre cuite ou le béton cellulaire, et en rénovation lorsque les anciens dormants sont entièrement déposés (la dépose totale). Le calfeutrement se fait en applique contre la feuillure, la fixation par pattes ou à travers le dormant. Le guide du CSTB la décrit comme une pose simple à conduire.
Comment choisir le mode de pose ?
- L'isolation du bâtiment : par l'intérieur, l'applique intérieure ; par l'extérieur, l'applique extérieure ou le tunnel côté extérieur ; en isolation répartie, la feuillure.
- La continuité de l'isolant : une fenêtre placée dans le plan de l'isolant réduit les ponts thermiques de liaison, pris en compte dans le calcul thermique réglementaire (rupture de pont thermique).
- L'aspect recherché : une fenêtre proche du nu extérieur dégage une large embrasure intérieure ; une fenêtre côté intérieur creuse la façade d'une profondeur de tableau.
- Le matériau : en aluminium à rupture de pont thermique, les pattes se fixent en général sur la partie extérieure du profilé, une disposition prévue par le concepteur de la gamme ; en PVC, elles se placent à plus de 5 cm des angles du dormant.
- L'appui : rejingot maçonné, appui préfabriqué ou appui reconstitué orientent le traitement de la traverse basse.
Notre approche
Le mode de pose se décide au bureau d'études, sur la coupe de chaque type de baie, avec l'architecte et les lots gros œuvre et isolation : position de la fenêtre, appui, calfeutrement, fixations et habillages. Nos ateliers bois et aluminium de Lunel fabriquent les menuiseries et les pré-montent à blanc quand le projet le demande, puis nos équipes les posent. Découvrez nos fenêtres et portes-fenêtres et notre présentation du NF DTU 36.5.
Questions fréquentes
Quelle différence entre pose en tunnel et pose en applique ?
En applique, le dormant se plaque contre une face du mur et le joint se fait sur cette face. En tunnel, le dormant se loge entre les tableaux et le joint se fait entre son dos et la maçonnerie.
La pose en tunnel est-elle étanche ?
Bien exécutée, elle assure l'étanchéité à l'air et à l'eau attendue par le DTU, à trois conditions : des tableaux plans et d'aplomb, une surface d'appui suffisante au dos du dormant et un calfeutrement continu.
La pose en applique extérieure est-elle réservée à l'ITE ?
Le guide du CSTB l'associe avant tout à l'isolation par l'extérieur, qu'elle accompagne naturellement. Dans un autre contexte, elle se conçoit au cas par cas avec la maîtrise d'œuvre.
Qui choisit le mode de pose ?
Il découle des choix de conception de la maîtrise d'œuvre, isolation, aspect et appuis, et se fixe dans les documents du marché. L'entreprise de menuiserie le traduit en détails d'exécution.
Des baies à concevoir avec une isolation intérieure ou extérieure ? Décrivez-nous votre projet : un chargé d'affaires vous rappelle pour en parler.
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