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6 min de lecture

Appui de fenêtre : rejingot, bavette et rejet d'eau selon le NF DTU 36.5

Coupe verticale du bas d'une fenêtre : traverse basse posée derrière le rejingot, bavette inclinée recouvrant l'appui et chemin de l'eau de pluie vers l'extérieur

L'eau de pluie ruisselle sur le vitrage, descend le long de l'ouvrant et termine sa course au bas de la fenêtre. Le guide pratique du CSTB sur les fenêtres en travaux neufs désigne cette jonction entre la traverse basse et l'appui comme la zone la plus sensible de la menuiserie : elle porte le poids de la fenêtre et reçoit le plus d'eau. Un détail bien dessiné à cet endroit offre des années de tranquillité.

Rejingot, lisse filante, bavette, rejet d'eau : chaque pièce a un rôle précis dans le NF DTU 36.5. Voici comment elles s'articulent, et quelle solution retenir selon la configuration de la baie.

L'essentiel

  • La traverse basse concentre les charges et l'eau : c'est le point sensible de la fenêtre.
  • Le rejingot, relief de l'appui, arrête l'eau sous le châssis ; il se réalise avant la pose.
  • Selon la position du rejingot, la fenêtre repose directement sur l'appui ou sur une lisse filante.
  • Une bavette s'impose lorsque le dormant laisse le rejingot ou la tête de mur à découvert ; elle se relève et s'étanche contre les tableaux.
  • Aucune fixation ne traverse la traverse basse, et les zones de drainage restent intactes.

Appui, rejingot, pièce d'appui : de quoi parle-t-on ?

  • L'appui de baie : l'ouvrage situé au-dessus de l'allège, sur lequel repose la fenêtre. Il est coulé en place par le maçon ou préfabriqué en béton.
  • Le rejingot : la saillie ménagée sur le dessus de l'appui, qui empêche l'eau de s'infiltrer sous le châssis.
  • La pièce d'appui : la traverse basse du dormant, au contact du gros œuvre, conçue pour un système de fenêtre donné.
  • La bavette : une bande de métal ou de matériau de synthèse rapportée pour abriter l'ouvrage de la pluie et protéger sa face verticale du ruissellement.
  • Le rejet d'eau : le profilé horizontal rapporté sur la traverse basse de l'ouvrant, qui renvoie l'eau vers l'extérieur.

Quelles dimensions pour un rejingot ?

Le NF DTU 36.5 fixe en annexe une largeur et une hauteur minimales pour le rejingot, avec des valeurs distinctes selon qu'il est coulé en place ou préfabriqué. Pour un rejingot coulé en place, le guide CSTB indique au moins 40 mm de large et 25 mm de haut. Son dessus peut présenter une légère pente, toujours tournée vers l'extérieur.

Deux règles de calendrier l'encadrent : l'appui et son rejingot se réalisent avant la pose de la fenêtre, et le rejingot exécuté après coup est exclu, comme le calfeutrement en appui par mortier projeté. Le maçon livre donc un appui fini, que le menuisier réceptionne avant la pose (voir la réception du support).

Rejingot aligné, déporté ou absent : quelle pose retenir ?

Pose en appui direct sur le rejingot

La traverse basse s'appuie sur le rejingot ou contre lui. Cette pose directe convient lorsque le rejingot est déporté, avec un retour sur le mur, ou lorsqu'il est aligné sur des tableaux qui comportent une feuillure verticale. Des pattes, en général à gousset, complètent l'assise et reportent le poids et les charges d'usage sur le gros œuvre.

Reconstitution d'appui ou lisse filante

Lorsque le rejingot est aligné sur des tableaux sans feuillure, une reconstitution d'appui devient nécessaire. Un profilé horizontal, en acier ou en aluminium (en bois sur une construction bois), est fixé et étanché sur la maçonnerie ; il reçoit la fenêtre, avec interposition de cales isolantes, et assure la continuité du calfeutrement au changement de plan. Cette lisse filante dépasse la baie d'au moins 40 mm de chaque côté.

Baie sans rejingot

Deux cas se présentent. Avec une tête de mur pentée à 35 % au moins, celle-ci peut rester apparente. Avec une pente plus faible, une bavette à relevés latéraux, étanchée dans les angles, la recouvre entièrement.

Quand faut-il une bavette sous une fenêtre ?

La règle se lit simplement. Lorsque le dormant ou sa pièce d'appui recouvre le rejingot, la bavette devient inutile. Lorsque le dormant laisse le rejingot ou la tête de mur à découvert, une bavette protège l'ensemble.

Une bavette conforme au guide :

  • recouvre à la fois le mur et le rejingot ;
  • reçoit à ses extrémités des bouchons, si elle est tubulaire, ou des relevés qui permettent un joint d'étanchéité contre le tableau ;
  • présente une pente d'au moins 3 % ;
  • reste indépendante et démontable, avec une étanchéité soignée entre bavette et dormant.

Lorsque le dormant recouvre le rejingot, l'étanchéité repose sur un calfeutrement à deux niveaux : l'un entre le dessus du rejingot et la fenêtre, qui tourne dans les angles pour rejoindre le calfeutrement vertical ; l'autre entre le gros œuvre et l'extrémité de la pièce d'appui, dans le prolongement des joints latéraux. Les extrémités de la pièce d'appui reçoivent des bouchons là où le calfeutrement l'exige.

Sur un appui reconstitué, la bavette est fixée et étanchée par écrasement d'un mastic, ses relevés d'extrémité sont étanchés avec les tableaux, et un rejet d'eau clipsé sur la menuiserie protège ce mastic.

En applique extérieure, la même logique vaut en partie haute : une bavette ou une membrane étanchée au gros œuvre recouvre le dormant et déborde ou retombe d'au moins 100 mm de chaque côté. Voir notre article sur la fenêtre en ITE.

Calfeutrer et fixer la traverse basse

  • Calfeutrement : le plus souvent une bande de mousse imprégnée posée sur le rejingot, entre des cales d'au moins 5 mm, et relevée d'au moins 100 mm sur les montants. Le cordon de mastic extrudé sur l'appui reste possible, mais le guide le déconseille, car la fenêtre doit être posée centrée du premier coup.
  • Fixations : aucune ne traverse la traverse basse du dormant ; les pattes sont liées au dormant. Tout perçage d'une zone qui recueille l'eau de drainage ou de condensation est interdit, pour garder intact le chemin d'évacuation de l'eau.
  • Résistance : la traverse basse supporte une charge additionnelle de 100 daN sans dommage pour la fenêtre, le doublage ou l'étanchéité. Côté intérieur, la tablette d'appui est conçue pour une charge ponctuelle de 100 daN.

Les règles de calage et de fixation sont détaillées dans notre article sur le calage et la fixation d'une fenêtre.

Et pour une porte-fenêtre à seuil bas ?

Les règles d'accessibilité conduisent souvent à des seuils de 2 cm au plus. Ces seuils aluminium réduits demandent une attention particulière : la compression de la bande d'étanchéité reste dans une déformation de 2 mm au centre de la traverse basse, et l'étanchéité sous la traverse et à ses extrémités se soigne d'autant plus qu'elle se réalise parfois sans vision directe. Côté extérieur, un caillebotis ou des dalles sur plots remettent le sol à niveau. Le sujet est développé dans notre article sur le seuil PMR.

Notre approche

Notre bureau d'études dessine le détail d'appui de chaque type de baie dans les plans d'exécution : position du rejingot, lisse filante, bavette, raccords d'étanchéité et fixations. Les menuiseries bois et aluminium sont fabriquées dans nos ateliers de Lunel, puis posées par nos équipes, qui réceptionnent les appuis avant la pose. Découvrez notre prestation fenêtres et portes-fenêtres.

Questions fréquentes

Quelle hauteur minimale pour un rejingot ?

Pour un rejingot coulé en place, le guide CSTB indique 25 mm de haut et 40 mm de large au minimum. Les valeurs diffèrent pour un rejingot préfabriqué : reportez-vous à l'annexe du NF DTU 36.5.

La bavette est-elle obligatoire ?

Elle l'est lorsque le dormant laisse le rejingot ou la tête de mur à découvert. Lorsque la pièce d'appui recouvre le rejingot, un calfeutrement à deux niveaux suffit.

Quelle différence entre un rejet d'eau et une bavette ?

Le rejet d'eau se fixe sur l'ouvrant et renvoie l'eau qui ruisselle sur le vitrage. La bavette se pose sur l'appui et protège la maçonnerie située sous la fenêtre.

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Rédigé parAdèleAteliers Ducrot, Lunel

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