Dépose totale d'une fenêtre : les étapes et les points de vigilance
La dépose totale offre aux fenêtres d'un bâtiment existant une seconde vie complète : plus de lumière, une étanchéité refaite à neuf, une jonction propre avec le mur. Pour le gestionnaire ou le maître d'ouvrage, c'est l'assurance d'un ouvrage équivalent à du neuf, à condition que chaque étape soit tenue.
Le guide du CSTB consacré aux fenêtres en rénovation, en application du NF DTU 36.5, décrit précisément ces étapes. Voici le déroulé d'un remplacement de fenêtre avec dépose totale, de la préparation à la vérification finale, avec les points qui font la différence le jour de la réception.
L'essentiel
- La dépose totale replace la pose dans les conditions des travaux neufs, le plus souvent en feuillure.
- Le poseur réceptionne la baie avant de commencer : en commençant les travaux, il accepte le support tel qu'il est.
- Le rejingot se réalise avant la pose de la fenêtre ; s'il manque ou s'il est abîmé, on le reconstitue.
- Les fixations restent hors de la traverse basse du dormant et se placent à 10 cm au moins des angles.
- Le calfeutrement est continu sur tout le périmètre : mousse imprégnée en partie basse, mastic sur fond de joint ou mousse sur les côtés et en tête.
Étape 1 : préparer le chantier avant la dépose
Une dépose totale touche la maçonnerie et les finitions intérieures. Quelques vérifications en amont sécurisent l'opération :
- l'amiante : dans un bâtiment construit avant le 1er janvier 1997, le donneur d'ordre fait rechercher l'amiante avant les travaux, sur le périmètre exact de l'intervention (par exemple dans d'anciens mastics ou enduits) ;
- la ventilation : les fenêtres neuves sont bien plus étanches à l'air que les anciennes, et le maître d'ouvrage redéfinit les conditions de ventilation des locaux ;
- l'organisation en site occupé : protections au sol et sur le mobilier, aspiration sur les machines, évacuation quotidienne des déchets.
La logistique des menuiseries neuves se prépare aussi : voir notre article sur le transport et le stockage sur chantier.
Étape 2 : relever la baie et contrôler le support
Le guide est clair : la réception du support est une obligation du menuisier. S'il commence ses travaux sans l'avoir vérifié, le support est réputé conforme, et il devient difficile de contester un défaut ensuite.
Les mesures se prennent dans l'ancienne feuillure, ou en tableau si le cahier des charges le prévoit :
- largeur et hauteur : on relève la plus petite et la plus grande dimension, entre tableaux et entre appui et linteau ;
- aplomb des tableaux et niveau de l'appui et du linteau, au niveau, au fil à plomb ou au laser ;
- planéité générale du plan de pose, contrôlée à la règle de 2 m : 10 mm d'écart au maximum ;
- planéité locale, contrôlée au réglet de 20 cm : 3 mm de désaffleurement au maximum.
Si la baie sort de ces tolérances, le poseur en réfère au maître d'œuvre, et l'entreprise de maçonnerie dresse les plans de pose au mortier de ciment. Notre article sur la réception du support détaille ces contrôles.
Étape 3 : déposer l'ancienne fenêtre et reprendre l'appui
Les ouvrants sont déposés, puis le dormant est retiré de sa feuillure. Reste alors la zone la plus sensible : la partie basse de la baie, qui porte le poids de la fenêtre et reçoit le plus d'eau.
La nouvelle traverse basse s'appuie sur un rejingot, ce relief maçonné qui arrête l'eau. Il se réalise avant la pose : le calfeutrement de l'appui par mortier projeté après coup est exclu. Les anciennes fenêtres en étaient souvent dépourvues. Quand il manque ou qu'il est très dégradé, on le reconstitue avec une pièce en matériau durable, d'au moins 40 mm de large et 25 mm de haut, engravée dans les tableaux pour assurer la continuité du calfeutrement. Le bois convient s'il présente une durabilité suffisante. Les règles de l'appui sont détaillées dans notre article sur l'appui de fenêtre et le rejingot.
Étape 4 : caler et fixer la nouvelle fenêtre
Pour fixer le dormant directement dans la feuillure, on dépose d'abord les vantaux. La fenêtre est assise sur ses cales d'assise, placées près des montants et au droit des montants intermédiaires, puis calée latéralement et en tête. Le guide rappelle les tolérances de mise en place : 2 mm par mètre en verticalité comme en horizontalité, et 2 mm d'écart au plus entre les diagonales.
Les fixations obéissent à quelques règles :
- en traverse basse, elles restent hors du dormant : les pattes se fixent au dormant et au gros œuvre, sans le traverser, pour préserver l'étanchéité ;
- sur les montants et en tête, elles se placent au droit des points de fermeture et près des paumelles, à 10 cm au moins des angles intérieurs du cadre ;
- les chevilles métalliques à expansion sont exclues au niveau des anciennes pièces d'appui, en raison du risque d'éclatement de la maçonnerie ;
- une vis avec cheville métallique, en tableau, se réserve aux cas où son axe se trouve à plus de 60 mm du bord du mur ;
- une feuillure très dégradée se traite par une cornière métallique fixée dans la feuillure, ou par des pattes à sceller.
La traverse basse doit enfin supporter une charge additionnelle de 100 daN sans dommage pour la fenêtre, l'étanchéité ou les ouvrages voisins. Les détails figurent dans notre article sur le calage et la fixation.
Étape 5 : réaliser le calfeutrement
Le calfeutrement fait la tenue à l'air et à l'eau de la fenêtre dans le temps. En partie basse, la solution courante est la bande de mousse imprégnée, posée sur le rejingot avec des cales d'au moins 5 mm et remontée d'au moins 100 mm sur chaque tableau pour se raccorder au calfeutrement vertical. Un cordon de mastic extrudé sur le rejingot est possible, mais le guide le déconseille : la fenêtre doit alors être présentée parfaitement centrée, sans pouvoir être déplacée ensuite.
Sur les côtés et en tête, on glisse un fond de joint dans l'interstice côté extérieur, puis on applique un mastic élastomère de première catégorie, lissé à la spatule pour bien adhérer au mur et au dormant. Le mastic reste limité à des joints de 20 mm de large ; au-delà, on passe à la mousse imprégnée ou à une membrane mise en œuvre selon son cahier des charges (préparation des supports, recouvrements, traitement des angles). La compression des bandes ne doit pas déformer la traverse basse de plus de 2 mm en son centre. Les techniques sont comparées dans notre article sur le calfeutrement.
Étape 6 : reprendre les finitions et contrôler
Une fois les vantaux remis en place et réglés, on contrôle l'alignement des traverses basses et le parallélisme des montants au battement central, signes d'un bon équerrage. Viennent ensuite les reprises intérieures autour de la baie (plâtre, enduit, peinture) et les habillages. Une dernière vérification de l'aplomb, du niveau et du bon fonctionnement des ouvrants précède la réception.
Notre approche
Nous relevons chaque baie nous-mêmes avant la commande, et notre bureau d'études définit pour chacune le mode de fixation et de calfeutrement. Les menuiseries bois et aluminium sont fabriquées dans nos ateliers de Lunel, et nos équipes assurent la dépose comme la pose, avec des protections adaptées en site occupé. Pour comparer les techniques, lisez notre article pose sur dormant ou dépose totale, et découvrez nos fenêtres et portes-fenêtres.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une dépose totale par fenêtre ?
Cela dépend de la taille de la baie, de l'état de la maçonnerie et des reprises intérieures prévues. Le planning se construit après le relevé, baie par baie.
Faut-il refaire les plâtres après une dépose totale ?
Oui, autour de la baie : la dépose du dormant abîme les finitions en tableau. Ces reprises se prévoient dans le marché, avec le lot concerné.
Le maçon doit-il intervenir ?
Souvent, pour dresser les plans de pose ou réaliser le rejingot quand la baie sort des tolérances. Ces travaux précèdent la pose de la fenêtre.
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