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Réception du support avant la pose des menuiseries : contrôles et tolérances

Baie maçonnée vue de face avec ses cotes de largeur et de hauteur à vérifier, un fil à plomb le long du tableau et la règle de planéité posée sur le mur

Sur un chantier, la pose des menuiseries arrive à un moment charnière : le gros œuvre s'achève, le planning se tend, chacun attend le clos du bâtiment. Quelques mesures prises avant la pose protègent alors tout le monde : le maître d'ouvrage, qui recevra un bâtiment étanche ; le maçon, dont le travail est reconnu ; le menuisier, qui pose sur un support sain.

Le NF DTU 36.5 fait de cette réception du support une obligation du menuisier. Voici ce qui se contrôle, avec quelles tolérances, et comment réagir lorsqu'une baie sort des valeurs admises.

L'essentiel

  • Le poseur contrôle chaque baie avant la pose : commencer le travail vaut acceptation du support.
  • Largeur et hauteur de baie : 1 cm d'écart au plus, en plus ou en moins, par rapport au plan.
  • Planéité du plan de pose : 10 mm sous la règle de 2 m, 3 mm de désaffleurement sous un réglet de 20 cm.
  • Appuis, rejingots et seuils sont réalisés avant la pose des fenêtres.
  • Un écart se signale au maître d'œuvre, et le maçon dresse le support avant la pose.

Pourquoi réceptionner le gros œuvre avant de poser une fenêtre ?

Le calfeutrement à sec, seul admis par le DTU (mastic, bande de mousse imprégnée ou membrane), demande un gros œuvre soigné, aux tolérances dites « du second niveau ». Un joint de mastic travaille entre deux faces parallèles, sur 20 mm de large au plus ; une bande de mousse a une plage d'utilisation définie. Un tableau hors d'aplomb ou une maçonnerie irrégulière sortent vite de ces limites. Le détail des produits est dans notre article sur le calfeutrement d'une fenêtre.

L'enjeu est aussi contractuel. Le guide pratique du CSTB sur les fenêtres en travaux neufs le rappelle : si le poseur commence sans vérifier, le gros œuvre est réputé conforme, et il devient difficile de le contester ensuite. C'est une acceptation implicite du support.

Quelles tolérances pour les dimensions d'une baie ?

Les mesures se prennent en tableau fini ou en tableau brut, selon ce que prévoit le cahier des charges. En tableau brut, la cote de référence est celle du plan, diminuée de l'épaisseur théorique de l'enduit.

  • Largeur : on relève la plus petite et la plus grande dimension entre tableaux. Tolérance : 1 cm en plus ou en moins par rapport au plan.
  • Hauteur : on relève la plus petite et la plus grande dimension entre appui et linteau. Même tolérance de 1 cm.
  • Aplomb des tableaux, niveau de l'appui et du linteau : contrôlés au niveau à bulle, au fil à plomb ou au laser, avec un écart limité à 3 mm par mètre et plafonné à 10 mm.

Ces mesures supposent un appui déjà réalisé, et c'est la règle : appuis, seuils et rejingots s'exécutent avant la pose des fenêtres. Le rejingot réalisé après coup est exclu.

Le menuisier vérifie aussi que sa fenêtre s'inscrit dans la baie. En pose en applique, compte tenu des cotes d'appui minimales, le dormant dépasse la baie d'environ 2,5 cm en hauteur et 5 cm en largeur.

Planéité du plan de pose : comment la mesurer ?

Le plan de pose est la surface de maçonnerie qui reçoit le calfeutrement : le parement intérieur ou extérieur pour une pose en applique, les tableaux et la sous-face du linteau pour une pose à mi-mur. Brut de parpaing ou de brique, il mérite un examen attentif.

  • Planéité générale : sous la règle de 2 m, l'écart entre les points les plus saillants et les plus en retrait reste dans 10 mm.
  • Planéité locale : au réglet de 20 cm, le désaffleurement entre deux éléments maçonnés contigus reste dans 3 mm.

Pour une pose en applique, la mesure se fait au pourtour de la baie, sur les côtés et au niveau du linteau. Pour une pose à mi-mur, elle porte sur les tableaux et la sous-face du linteau.

Sur une ossature bois, la fenêtre se pose en général à mi-mur : le plan de pose est formé par les montants, et des membranes assurent la jonction avec le pare-pluie et le pare-vapeur. Voir notre article sur la pose de fenêtre en ossature bois.

L'appui et le rejingot

L'appui de la baie porte le rejingot, ce relief qui empêche l'eau de passer sous le châssis. Le DTU lui fixe en annexe des dimensions minimales, différentes selon qu'il est coulé en place ou préfabriqué ; son dessus peut présenter une légère pente, toujours tournée vers l'extérieur. Lors de la réception, le poseur vérifie sa présence, ses dimensions et sa position par rapport aux tableaux, qui conditionne le mode de pose. La conception de l'appui fait l'objet de notre article sur l'appui de fenêtre, le rejingot et la bavette.

Que faire si la baie sort des tolérances ?

Un écart se règle avant la pose. Le poseur en réfère au maître d'œuvre, qui fait intervenir l'entreprise de maçonnerie pour dresser les plans de pose ou reprendre les éléments concernés. Le guide décrit les reprises types :

  • Béton, parpaing ou brique creuse : dressage au mortier de ciment, d'au moins 5 mm d'épaisseur, sur 12 cm de large ou jusqu'à la face externe du dormant.
  • Brique apparente porteuse : dressage du parement intérieur, 5 mm d'épaisseur sur 12 cm de large.
  • Planéité conforme mais joints creux : une reprise des joints sur 3 cm de large, face au calfeutrement, suffit. Les joints creux en pied de tableau se reprennent aussi.
  • Largeur de tableau hors cote : les tableaux se dressent en tenant compte de l'épaisseur de l'enduit à venir.

En cas de contestation sur les valeurs, l'annexe du NF DTU 36.5 consacrée aux tolérances des baies maçonnées, qui reprend celles du NF DTU 20.1, sert de référence. Vérifiez les versions des DTU visées par les pièces de votre marché.

Organiser la réception sur le chantier

  • Programmer la visite dès que le gros œuvre de la zone est achevé, appuis compris, avant d'approvisionner les fenêtres.
  • Relever chaque baie : cotes minimales et maximales, aplomb, niveau, planéité, rejingot.
  • Consigner les écarts baie par baie, photos à l'appui, et les transmettre au maître d'œuvre par écrit.
  • Lancer la pose une fois les baies non conformes reprises et recontrôlées.

Cette rigueur rejoint celle du stockage et de la manutention des menuiseries, traités dans notre article sur le transport et le stockage sur chantier.

Notre approche

Notre méthode commence par le relevé : nous mesurons les baies sur place, et notre bureau d'études confronte ces cotes au projet et aux tolérances du DTU avant d'établir les plans d'exécution. Les menuiseries bois et aluminium sont ensuite fabriquées dans nos ateliers de Lunel, puis posées par nos équipes sur un support réceptionné. Découvrez notre prestation fenêtres et portes-fenêtres.

Questions fréquentes

Qui est responsable des tolérances du gros œuvre ?

L'entreprise de maçonnerie réalise les baies dans les tolérances. Le menuisier les vérifie avant de poser, et le maître d'œuvre fait reprendre les baies non conformes.

Peut-on poser une fenêtre avant la réalisation du rejingot ?

Le guide l'exclut : appuis, seuils et rejingots se font avant la pose. Le calfeutrement en appui par mortier projeté après la pose est lui aussi proscrit.

Que se passe-t-il si le poseur commence sans vérifier le support ?

Le support est réputé accepté. Les défauts de la baie deviennent alors difficiles à opposer au maçon, et leurs conséquences sur l'étanchéité retombent sur la pose.

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Rédigé parAdèleAteliers Ducrot, Lunel

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