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Verre de sécurité : où le vitrage trempé ou feuilleté est-il obligatoire ?

Schéma comparant le bris d'un verre trempé en petits fragments et celui d'un verre feuilleté dont les éclats restent collés à l'intercalaire

Un enfant qui court dans le couloir d'une école, un livreur qui pousse une porte vitrée avec son diable, un client distrait qui ne voit pas une cloison toute en verre : dans un bâtiment fréquenté, le vitrage finit tôt ou tard par recevoir un choc. Ce jour-là, le maître d'ouvrage veut une seule certitude : personne n'a été blessé.

Le verre de sécurité donne cette certitude. Reste à savoir où il s'impose, par quels textes, et lequel choisir entre trempé et feuilleté. Voici les repères utiles pour un CCTP ou une revue de projet, avec la part qui relève de la réglementation et celle qui relève des règles de l'art.

L'essentiel

  • Deux familles : le verre trempé, qui se brise en petits fragments peu coupants, et le verre feuilleté, qui reste en place après bris.
  • Dans les lieux de travail, le Code du travail impose des parois transparentes signalées et en matériau de sécurité, ou disposées pour qu'un bris ne blesse personne.
  • Le FD DTU 39 P5, version de juillet 2017, guide le maître d'œuvre dans le choix des vitrages selon les risques de blessure.
  • Les zones sensibles : portes et leurs abords, vitrages bas en circulation, vitrages au-dessus des personnes, parois qui protègent d'un vide.
  • Le choix part de l'usage des locaux, défini par le maître d'ouvrage.

Qu'appelle-t-on un verre de sécurité ?

Un verre ordinaire, dit recuit, se brise en grands éclats tranchants. Un verre de sécurité limite ce risque de deux manières :

  • le verre trempé (norme NF EN 12150) : un traitement thermique le rend plusieurs fois plus résistant et le fait éclater en petits morceaux aux arêtes émoussées. Une fois brisé, il laisse la baie ouverte ;
  • le verre feuilleté (normes NF EN ISO 12543 et NF EN 14449) : deux verres ou plus collés par un intercalaire, souvent un film PVB. Au choc, les fragments restent fixés au film et la paroi continue de faire écran.

Leur comportement au choc se classe selon la norme NF EN 12600, par un essai au pendule. Le classement indique la hauteur de chute du pendule supportée, de la classe 3 à la classe 1, la plus exigeante, et le mode de rupture : A pour un verre ordinaire, B pour un feuilleté qui reste solidaire, C pour un trempé qui se fragmente. Cette indication figure sur la déclaration de performances du vitrage.

Où le verre de sécurité est-il obligatoire ?

Dans les lieux de travail

Le Code du travail fixe deux règles nettes. À la conception d'un bâtiment destiné à des lieux de travail, l'article R4214-6 demande que les parois transparentes ou translucides soient signalées par un marquage à hauteur de vue, et qu'elles soient en matériau de sécurité ou placées de sorte qu'un bris ne puisse pas blesser les travailleurs. Pour les portes et portails, l'article R4224-10 exige que leurs parties transparentes soient en matériau de sécurité ou protégées contre l'enfoncement.

Bureaux, commerces, ateliers, établissements de santé ou d'enseignement : dès que des salariés y travaillent, ces règles s'appliquent aux cloisons vitrées, aux portes et aux façades à hauteur d'homme.

Partout où le vitrage protège d'une chute

Un vitrage qui borde un vide joue le rôle de garde-corps. Il suit alors les exigences de la norme NF P01-012 et de la série DTU 39 : composition feuilletée ou protection complémentaire, essais ou compositions reconnues. Nous détaillons ce cas dans notre article sur les vitrages garde-corps.

Selon les recommandations du FD DTU 39 P5

Le fascicule de documentation FD DTU 39 P5, révisé en juillet 2017, s'adresse aux maîtres d'œuvre. Il les guide dans le choix des vitrages en fonction de l'exposition aux risques de blessures, à partir de l'usage des locaux que définit le maître d'ouvrage. Il couvre les travaux neufs comme les remplacements, et traite de plusieurs familles de risques : chutes et chocs accidentels, chocs volontaires comme le vandalisme ou l'effraction, incendie et explosion, événements naturels exceptionnels. Repris dans les pièces du marché, il en devient une exigence contractuelle.

Les emplacements à traiter en priorité

D'un projet à l'autre, les mêmes zones reviennent dans l'analyse des risques :

  • les portes vitrées et les vitrages fixes qui les bordent, susceptibles d'être confondus avec le passage ;
  • les vitrages bas le long des circulations, des escaliers et des zones de jeu, exposés aux chutes et aux chocs de chariots ou de ballons ;
  • les locaux accueillant des enfants ou un public nombreux : écoles, crèches, salles de sport, halls d'accueil ;
  • les vitrages au-dessus des personnes : verrières, marquises, toitures vitrées, où un verre feuilleté en face intérieure retient les fragments en cas de bris ;
  • les vitrines et devantures, où la sécurité des passants rejoint la protection contre le vandalisme.

Trempé ou feuilleté : lequel choisir ?

Le choix découle de la question à laquelle le vitrage doit répondre.

  • Limiter la gravité des blessures en cas de bris : le trempé répond bien, avec l'avantage d'une forte résistance mécanique et thermique.
  • Garder la paroi en place après bris, pour retenir une personne, un objet ou des débris : le feuilleté s'impose. C'est le cas des garde-corps, des toitures vitrées et des vitrines.
  • Retarder une effraction : seul un feuilleté classé selon la norme NF EN 356, de P1A à P8B, apporte une résistance mesurée. Voir notre article sur les classes anti-effraction et anti-casseur.

Dans un double vitrage, chaque face se choisit selon son rôle : par exemple un feuilleté côté intérieur pour retenir les fragments, et un trempé côté extérieur pour la résistance. L'épaisseur, elle, se dimensionne en plus au vent et aux charges : voir le calcul de l'épaisseur d'un vitrage.

Qui décide, et sur quelle base ?

Le maître d'ouvrage décrit l'usage des locaux et les risques liés à leur exploitation. Le maître d'œuvre en déduit, vitrage par vitrage, la nature du verre et l'inscrit au CCTP. L'entreprise met en œuvre ces vitrages, vérifie leur cohérence avec le support et fournit les déclarations de performances pour le dossier des ouvrages exécutés. En ERP, ces choix s'articulent avec les exigences d'accessibilité et de sécurité incendie, évoquées dans notre article sur les menuiseries en ERP.

Notre approche

Notre bureau d'études relit chaque vitrage du projet au regard de l'usage des locaux et propose la composition adaptée : trempé, feuilleté, anti-effraction. Les menuiseries aluminium et bois sont fabriquées dans nos ateliers de Lunel, les ouvrages de sécurité classés sont fournis par des industriels spécialisés, et l'ensemble est posé par nos équipes, avec les justificatifs pour votre dossier. Découvrez nos menuiseries de sécurité.

Questions fréquentes

Le verre de sécurité est-il obligatoire dans une maison individuelle ?

Les règles du Code du travail visent les lieux de travail. En logement, le verre de sécurité s'impose surtout lorsque le vitrage protège d'une chute, et il est recommandé pour les portes vitrées, les vitrages bas et les toitures vitrées, en particulier en présence d'enfants.

Comment reconnaître un verre trempé ou feuilleté ?

Un marquage discret, gravé ou sérigraphié dans un angle, identifie souvent le verre trempé et sa norme. Pour le feuilleté, la déclaration de performances et le bon de livraison font foi. En cas de doute sur un existant, un professionnel peut l'identifier sur place.

Un film adhésif suffit-il à sécuriser un vitrage existant ?

Certains films retiennent les éclats d'un verre ordinaire et peuvent constituer une mesure transitoire. Pour une exigence réglementaire ou contractuelle, le remplacement par un verre de sécurité classé reste la solution qui se justifie le plus simplement.

Des vitrages à mettre en sécurité ? Parlez-nous de votre bâtiment : un chargé d'affaires vous rappelle pour en parler.

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Rédigé parAdèleAteliers Ducrot, Lunel

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