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Corrosion d'une menuiserie aluminium : couples galvaniques, chantier et entretien

Coupe d'un profilé aluminium fixé par une vis, séparé d'une pièce en cuivre par une rondelle isolante, avec des gouttes d'eau qui ruissellent

On choisit l'aluminium pour sa tenue dans le temps : des profilés fins, une teinte qui reste nette, un entretien léger. Ce choix porte ses fruits pendant des décennies dès lors que quelques règles simples sont tenues, au moment de la conception comme sur le chantier.

Car l'aluminium a deux points sensibles bien connus des menuisiers : le contact avec certains métaux en présence d'eau, et les projections de mortier ou de plâtre pendant les travaux. Voici d'où vient la corrosion d'une menuiserie aluminium, quels assemblages surveiller, ce que disent les textes en vigueur et comment préserver l'aspect de vos façades.

L'essentiel

  • L'aluminium se protège seul par une fine couche d'oxyde ; l'anodisation ou le thermolaquage renforcent cette protection.
  • Au contact d'un métal plus noble, cuivre ou acier sans protection, et en présence d'eau, il se corrode : c'est le couple galvanique.
  • Mortier, ciment et plâtre frais tachent et attaquent les surfaces : protection pendant le chantier et nettoyage immédiat.
  • La pose des fenêtres aluminium relève du NF DTU 36.5 ; la protection contre la corrosion des menuiseries métalliques et de leurs fixations renvoie à la NF P 24-351, complétée d'une qualité marine.
  • Un lavage régulier, plus fréquent en bord de mer et en zone urbaine, entretient l'aspect.

Pourquoi l'aluminium résiste-t-il naturellement à la corrosion ?

Au contact de l'air, l'aluminium se couvre aussitôt d'une couche d'oxyde très mince, compacte et adhérente. Cette pellicule le protège, et elle se reforme d'elle-même après une rayure. C'est pourquoi un profilé aluminium garde sa matière saine là où un acier nu rouillerait.

Cette protection naturelle a ses limites, et elles guident toutes les précautions de mise en œuvre :

  • les milieux alcalins : un mortier, un béton ou un enduit frais, humide, attaque la couche d'oxyde ;
  • les chlorures : l'air marin, les sels de déneigement et certaines eaux de piscine accélèrent la corrosion, et peuvent provoquer sous un laquage mal préparé une corrosion filiforme, en fins filaments sous le film de peinture ;
  • le contact avec un autre métal, en présence d'humidité.

Les finitions industrielles répondent à ces risques. L'anodisation épaissit la couche d'oxyde ; le thermolaquage dépose une poudre cuite sur un aluminium préalablement traité. La qualité de ce prétraitement fait la durabilité du laquage. Notre article sur les finitions et couleurs de l'aluminium présente ces procédés en détail.

Couple galvanique : quels métaux associer à l'aluminium ?

Lorsque deux métaux différents se touchent et qu'un film d'eau les relie (pluie, condensation, ruissellement), ils forment une petite pile. Le métal le moins noble des deux se dissout au profit de l'autre. Face à la plupart des métaux du bâtiment, l'aluminium joue ce rôle de métal sacrifié. Le zinc, lui, est moins noble que l'aluminium : c'est pourquoi l'acier galvanisé cohabite bien avec lui.

  • Cuivre, laiton, bronze : association à proscrire en zone humide. L'eau qui ruisselle d'une toiture, d'une gouttière ou d'une canalisation en cuivre suffit à piquer une menuiserie située en dessous.
  • Acier ordinaire : toujours protégé, par galvanisation ou revêtement adapté, et séparé de l'aluminium.
  • Acier inoxydable : couramment admis pour la visserie, car la petite surface de la vis face à la grande surface du profilé limite l'effet de pile. Pour de grandes pièces inox au contact de l'aluminium en zone mouillée, une séparation s'impose.
  • Acier galvanisé et zinc : compatibles, avec une protection à entretenir.

La règle pratique tient en deux gestes : séparer les métaux par une rondelle, une cale ou un joint isolant (polyamide, EPDM), et drainer les zones de contact pour que l'eau y stagne le moins possible.

Quelles fixations pour une menuiserie aluminium ?

Les fixations travaillent dans la zone la plus exposée de la pose : la jonction entre la menuiserie et le gros œuvre, où l'eau peut s'infiltrer. Les textes leur consacrent donc des exigences précises.

  • Le niveau de protection contre la corrosion des accessoires métalliques de fixation (pattes, vis, chevilles, vérins) suit la NF P 24-351, que le NF DTU 36.5 et ses guides d'application citent en référence.
  • Les pattes de fixation sont en acier galvanisé, avec une masse de zinc minimale fixée par le guide CSTB d'application du NF DTU 36.5.
  • La visserie apparente d'un habillage se choisit en acier inoxydable, en aluminium ou en matériau de synthèse.
  • Une protection abîmée par un perçage, une coupe ou une soudure se retouche avant la pose, avec un produit compatible.

Le nombre, la position et le dimensionnement des fixations sont traités dans notre article sur le calage et la fixation des fenêtres.

Mortier, plâtre, ciment : protéger la menuiserie pendant le chantier

Une menuiserie posée avant les enduits, les chapes ou les peintures traverse la phase la plus agressive de sa vie. Une projection de mortier laissée à sécher sur un laquage marque la surface durablement. Trois précautions préservent l'aspect jusqu'à la réception :

  • une protection d'aspect posée en usine (film adhésif, vernis pelable), conservée pendant les travaux salissants et retirée avant le calfeutrement sur les zones concernées, puis sur le reste en fin de chantier ;
  • un nettoyage immédiat de toute projection, à l'eau claire et à l'éponge douce, sans abrasif ni solvant agressif ;
  • un calfeutrement adapté : les solutions sèches (mastic sur fond de joint, mousse imprégnée, membrane) ont remplacé presque partout le bourrage au mortier. Notre article sur le calfeutrement des fenêtres les compare. Le plâtre, lui, reste à tenir à distance de tout contact direct et humide avec l'aluminium.

Bord de mer, piscine, site industriel : quel niveau de protection ?

L'exposition du bâtiment se décide en phase de conception, avec la maîtrise d'œuvre. Pour une façade soumise aux embruns ou à l'air salin, la NF P 24-351 prévoit depuis 2003 une qualité marine, qui renforce le prétraitement de l'aluminium avant laquage pour prévenir la corrosion filiforme. Les labels de la profession, Qualicoat, Qualicoat Seaside et Qualimarine pour le thermolaquage, Qualanod pour l'anodisation, attestent que le laqueur ou l'anodiseur maîtrise ces procédés.

Sur le littoral languedocien, la question se pose dès que le chantier s'approche de la côte ou des étangs. Le CCTP précise alors la qualité de traitement attendue, et le fabricant fournit les justificatifs correspondants.

Entretenir une menuiserie aluminium

L'entretien est simple et préserve l'aspect pour longtemps : un lavage à l'eau additionnée d'un détergent neutre, un rinçage à l'eau claire, un essuyage doux. La fréquence s'adapte au site : plus rapprochée en bord de mer, en ville ou près d'une zone industrielle. Les parties abritées de la pluie, sous un auvent ou une avancée de toiture, demandent une attention particulière, car aucun ruissellement naturel n'y emporte les dépôts.

Profitez de ce lavage pour dégager les orifices de drainage des traverses basses : une menuiserie qui s'égoutte bien sèche vite, et ses assemblages restent sains.

Notre approche

Notre atelier aluminium de 1 000 m² à Lunel fabrique en profilés de gamme Technal, avec un thermolaquage sur mesure. Notre bureau d'études choisit les fixations, les séparations entre métaux et le niveau de protection selon l'exposition du bâtiment, et nos équipes posent en protégeant les menuiseries jusqu'à la fin du chantier. Découvrez nos fenêtres et portes-fenêtres.

Questions fréquentes

Peut-on visser de l'inox dans une menuiserie aluminium ?

Oui : la visserie inox est d'usage courant. La faible surface de la vis limite l'effet de pile. Pour de grandes pièces inox en zone mouillée, on intercale une rondelle ou un joint isolant.

Une gouttière en cuivre au-dessus d'une baie aluminium pose-t-elle problème ?

L'eau chargée de cuivre qui ruisselle sur l'aluminium peut le piquer. On dévie l'écoulement ou on choisit une évacuation dans un métal compatible.

Le thermolaquage suffit-il en bord de mer ?

Il faut un thermolaquage avec prétraitement de qualité marine, et un entretien plus fréquent. Le CCTP le précise, et le laqueur en fournit l'attestation.

Que faire d'une projection de mortier sur un profilé ?

La retirer tout de suite à l'eau claire, avant qu'elle sèche, sans gratter. Une trace sèche se signale au menuisier, qui jugera de la reprise adaptée.

Des menuiseries aluminium à prévoir près de la mer ou en ville ? Parlez-nous de votre projet : un chargé d'affaires vous rappelle pour en parler.

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Rédigé parAdèleAteliers Ducrot, Lunel

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