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Humidité du bois en menuiserie : ce qu'impose le DTU à la livraison et à la pose

Coupe d'une pièce de bois avec ses cernes, de la vapeur d'eau qui y entre, des flèches de retrait et de gonflement, et un humidimètre à pointes planté dans le bois

Une porte qui frotte au premier hiver, un panneau d'agencement qui se voile, un joint qui s'ouvre entre deux lames de lambris : le maître d'ouvrage les remarque tout de suite, souvent le jour de la réception. Dans presque tous les cas, le bois a simplement suivi l'air qui l'entoure. Bien maîtrisée, cette respiration naturelle reste invisible pendant toute la vie de l'ouvrage.

Les DTU de menuiserie encadrent précisément ce point : à quelle humidité le bois doit arriver sur le chantier, dans quel état doit être le bâtiment au moment de la pose, et comment on le vérifie. Voici ce que demandent les textes en vigueur, et les bons réflexes pour livrer des menuiseries qui restent droites, jointives et faciles à manœuvrer.

L'essentiel

  • Le bois échange de l'eau avec l'air jusqu'à son équilibre hygroscopique, fixé par l'hygrométrie et la température du local.
  • La règle constante des DTU : livrer et poser un bois dont l'humidité est proche de celle qu'il aura en service.
  • Les textes de référence sont aujourd'hui le NF DTU 36.2 (menuiseries intérieures et agencement, révisé en novembre 2025) et le NF DTU 36.5 (pose des fenêtres et portes extérieures).
  • L'humidité se contrôle par sondage à la livraison, à l'humidimètre, sans marquer les parements.
  • Le bâtiment compte autant que l'atelier : hors d'eau, hors d'air, enduits et chapes secs, stockage abrité.

Pourquoi l'humidité du bois change-t-elle après la pose ?

Le bois est un matériau hygroscopique : il absorbe la vapeur d'eau quand l'air est humide et la restitue quand l'air s'assèche. Après quelques semaines dans une ambiance stable, il atteint une humidité d'équilibre qui dépend surtout de l'humidité relative de l'air. À titre d'ordre de grandeur, un bois placé dans un local à 20 °C et 65 % d'humidité relative se stabilise autour de 12 %.

Chaque variation s'accompagne d'un mouvement : le bois gonfle en reprenant de l'eau et se rétracte en séchant. Ce mouvement est faible dans le sens du fil, nettement plus marqué en travers, et il varie selon les essences. C'est lui qui fait coincer un ouvrant, tuiler un panneau massif ou ouvrir un assemblage. Un bois posé trop humide dans un bureau chauffé va sécher et se rétracter ; un bois trop sec posé dans un bâtiment encore humide va gonfler.

  • En menuiserie extérieure, le bois vit entre deux climats : l'air extérieur sur une face, l'ambiance intérieure sur l'autre. Son humidité de service se situe entre les deux et varie avec les saisons.
  • En menuiserie intérieure et en agencement, il suit l'ambiance du local : un bureau climatisé, une salle de classe ou une cuisine professionnelle donnent des équilibres très différents.

Quels textes s'appliquent aujourd'hui ?

Pendant longtemps, le DTU 36.1 de 2000 traitait à la fois des menuiseries intérieures et extérieures en bois. Il a été remplacé. La pose des fenêtres et portes extérieures, quel que soit leur matériau, relève depuis avril 2010 du NF DTU 36.5. Les menuiseries intérieures relèvent du NF DTU 36.2, dont une nouvelle version publiée en novembre 2025 remplace celle de 2016 et intègre désormais l'agencement et le mobilier d'agencement.

Côté produits, d'autres normes complètent ces DTU : la NF EN 14220 fixe les exigences applicables au bois des fenêtres et portes extérieures, et la NF P 23-305 précise les caractéristiques de fabrication des fenêtres en bois.

Les valeurs chiffrées d'humidité à la livraison et à la pose figurent dans ces textes et dans les documents particuliers du marché. Elles ont évolué d'une édition à l'autre : la bonne référence est la version citée par votre CCTP, à vérifier avant la commande. Le principe, lui, reste stable depuis les premières éditions : une humidité de livraison accordée à l'ambiance de service, et une étude particulière pour les locaux dont l'ambiance sortira nettement de l'ordinaire.

Comment contrôler l'humidité du bois à la livraison ?

Le contrôle se fait par sondage, sur un échantillon de chaque lot d'ouvrages du même type. La recevabilité du lot se juge sur l'ensemble des mesures, selon la règle fixée par le DTU applicable. Trois points rendent ce contrôle fiable :

  • Le bon appareil : l'humidimètre électrique à pointes, réglé sur l'essence mesurée, donne une valeur rapide. La méthode de référence par pesée et séchage en étuve (NF EN 13183-1) sert en cas de litige.
  • Le bon endroit : les mesures se prennent en zone cachée, en rive ou en feuillure, pour ne laisser aucune trace en parement.
  • La traçabilité : les valeurs relevées se notent sur le bon de livraison ou dans le compte rendu de chantier. En cas d'écart, elles fondent une décision partagée avec la maîtrise d'œuvre.

Le contrôle se répète au moment de la pose lorsque les menuiseries ont attendu sur le chantier. Un lot correct à la livraison peut reprendre de l'humidité dans un bâtiment encore ouvert.

Le chantier, l'autre moitié de la règle

Un bois livré à la bonne humidité garde ses qualités seulement dans un bâtiment prêt à le recevoir. Avant la pose des menuiseries intérieures et de l'agencement, le bâtiment doit être :

  • hors d'eau et hors d'air, vitrages posés ;
  • sec : enduits, plâtres, chapes et ragréages apportent beaucoup d'eau, qui doit s'évacuer avant l'arrivée du bois ;
  • ventilé et, en hiver, chauffé progressivement, pour éviter les condensations comme les assèchements brutaux.

Le stockage suit la même logique : local abrité, sec et ventilé, ouvrages calés à plat ou debout sur des supports qui ne les déforment pas. Notre article sur le transport et le stockage des menuiseries sur chantier détaille ces précautions.

Enfin, la protection du bois limite les échanges d'humidité : une impression ou une finition appliquée en atelier sur toutes les faces, rives et abouts, feuillures comprises, ralentit les reprises d'eau pendant le chantier puis en service.

Locaux très secs ou très humides : que prévoir ?

Certains locaux sortent de la plage courante : bureaux fortement climatisés, salles d'archives, espaces chauffés par le sol, ou au contraire vestiaires, cuisines collectives et abords de piscine. Le bon choix se fait en conception :

  • des matériaux stables : contreplaqué, lamellé-collé, panneaux plaqués sur âme stable, bois contrecollés ;
  • des essences adaptées à l'ambiance, certaines s'équilibrant à des taux un peu différents des essences courantes ;
  • des jeux et des assemblages dessinés pour absorber les mouvements ;
  • une finition compatible avec l'usage et l'entretien du local.

Notre guide des essences en intérieur aide à faire ce choix selon l'usage.

Notre approche

Notre bureau d'études part de l'ambiance prévue dans chaque local pour choisir les essences, les panneaux et les assemblages. Nos menuiseries sont fabriquées dans nos 2 000 m² d'atelier bois à Lunel, puis posées par nos équipes une fois le bâtiment prêt à les recevoir. Découvrez nos portes bois et nos ouvrages sur mesure.

Questions fréquentes

Quel taux d'humidité pour une porte intérieure en bois ?

Un taux proche de l'équilibre que la porte atteindra dans le local : autour de 12 % pour une ambiance tempérée et assez humide, moins dans un bureau chauffé et sec. La valeur contractuelle est celle du NF DTU 36.2 dans la version citée au marché.

Une porte qui frotte au premier hiver est-elle défectueuse ?

Le plus souvent, elle s'équilibre avec un bâtiment neuf qui sèche. Un réglage des paumelles suffit en général. Les contrôles de jeu et de planéité gagnent à se faire une fois l'ambiance stabilisée.

Qui vérifie l'état du chantier avant la pose ?

Le menuisier vérifie que le bâtiment est prêt et signale par écrit tout écart avant de poser. Le maître d'ouvrage assure ensuite le maintien d'une ambiance normale jusqu'à la réception.

Les bois exotiques réagissent-ils autrement ?

Certaines essences tropicales, comme l'iroko ou le teck, se stabilisent à des taux un peu différents et bougent moins. Leur plage de livraison se précise avec le fournisseur.

Des portes ou un agencement bois à prévoir ? Décrivez-nous votre projet : un chargé d'affaires vous rappelle pour en parler.

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Rédigé parAdèleAteliers Ducrot, Lunel

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